
Lundi 17 mars 2008 a eu lieu une cérémonie officielle dans la cour d'honneur des
Invalides à Paris. Un hommage solennel a donc été rendu à monsieur Lazare
Ponticelli, dernier soldat survivant de la 1ere guerre mondiale, dernier "poilu" de la Grande Guerre.
Lazare Ponticelli, né le 7 décembre 1897, est décédé mercredi 12 mars
2008 à l'age de 110 ans. Il a longtemps refusé les honneurs d'un hommage officiel mais, sans doute du à des pressions amicales, il a finalement accepté à condition que soit honoré la totalité
des soldats ayant participé et donné leur vie lors de cette guerre.
La cérémonie a donc eu lieu en présence du président de la République, Nicolas Sarkozy, et de son prédécesseur Jacques
Chirac, côte à côte dans la cour d'honneur des Invalides.
Après la cérémonie religieuses, Max Gallo prononça son éloge funèbre, éloge qui débuta par ces mots : " Se questo è un uomo «. On pourrait les traduire
par " Si c'est un homme «.
" Se questo è un uomo " est un récit autobiographique écrit par Primo
Levi, survivant de la Shoah. Ce récit raconte l'expérience de l'auteur dans les camps
d'extermination des juifs, son quotidien pendant près d'un an.
Voici un poème placé en exergue de " Se questo è un uomo " :
" Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous. "
Ainsi que la version originale
:
" Voi che vivete
sicuri
Nelle vostre tiepide case,
voi che trovate tornando a sera
Il cibo caldo e visi amici:
Considerate se questo è un uomo
Che lavora nel fango
Che non conosce pace
Che lotta per un pezzo di pane
Che muore per un sì o per un no.
Considerate se questa è una donna,
Senza capelli e senza nome
Senza più forza di ricordare
Vuoti gli occhi e freddo il grembo
Come una rana d'inverno.
Meditate che questo è stato:
Vi comando queste parole.
Scolpitele nel vostro cuore
Stando in casa andando per via,
Coricandovi alzandovi;
Ripetetele ai vostri figli.
O vi si sfaccia la casa,
La malattia vi impedisca,
I vostri nati torcano il viso da voi. "
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